Après plusieurs années de réflexion et un parcours santé bien semé d’embûches, c’est officiel, je suis complètement libérée de la charge contraceptive ! C’est donc avec joie que je vous livre ici mon témoignage sincère et sans tabou sur ma ligature des trompes en espérant qu’il puisse vous aider à vous projeter et vous rassurer si vous envisagez d’y avoir recours.

Cet article n’a qu’un but informatif et ne se substitue en aucun cas à l’avis de votre médecin. Pour avoir toutes les informations nécessaires sur la stérilisation définitive, consultez un·e professionnel·le de santé.

Pourquoi j’ai décidé de faire une ligature des trompes ?

Je suis childfree

J’ai toujours su au fond de moi que je ne voulais pas d’enfants, mais il m’a fallu du temps pour assumer pleinement que je suis une childfree car on vit dans une société qui pointe encore beaucoup du doigt celles et ceux qui ne suivent pas les schémas traditionnels. Sans compter que je suis en couple depuis plus de 10 ans avec un homme qui a toujours voulu être père.

Quand est-ce que j’ai décidé de passer le cap de la stérilisation ? En 2020, je suis tombée enceinte par accident et ça m’a totalement anéanti. Cette grossesse non désirée a au moins eu le mérite de me faire comprendre que mon non-désir d’enfant était immuable et que ça ne servait plus à rien d’espérer (lui comme moi) que cela change.

À ce moment-là, j’ai pris la décision de me faire stériliser, mais pas avant 5 ans. Même si ces 5 ans sonnaient encore un peu comme un « au cas où », je voulais en fait laisser du temps à mon amoureux pour se faire à l’idée et faire un choix car c’était bel et bien de ça qu’il s’agissait : me choisir moi ou un enfant qui n’existe pas. Finalement, il ne lui aura fallu que 2 ans pour me donner son feu vert 🥰

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Je ne veux plus me soucier de ma contraception

Sur mes 22 années de fertilité, j’en ai passé 20 sous contraception. Sachant que je ne veux pas d’enfants, autant vous dire que j’en avais un peu marre de subir la charge contraceptive.

J’ai pris la pilule entre 13 et 14 ans jusqu’à ce que je dise stop à 28 ans ! Je n’en pouvais plus de prendre ce foutu cacheton tous les jours, de me réveiller en pleine nuit, angoissée à l’idée de l’avoir oublié. Et plus que tout, je voulais découvrir mon corps et mon cycle au naturel. Parce qu’être exposée aux hormones si jeune et pendant si longtemps, c’est vraiment pas top pour la santé (même l’ANSM le reconnaît).

Après la grossesse non désirée (sous préservatif), mon mec a tenté la contraception thermique, mais a vite baissé les bras (no surprise 🙄). Et comme j’étais en PLS à l’idée de retomber enceinte, j’ai décidé de reprendre entièrement en charge la contraception de notre couple.

J’ai eu pendant près de 5 ans un DIU en cuivre que je supportais plutôt bien, mais qui n’est pas hyper recommandé dans mon cas, puisque j’ai de l’endométriose. La stérilisation définitive était vraiment le meilleur choix pour être tranquille de ce côté-là !

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Je ne veux pas être contrainte à être mère

En quelques années, la ligature n’est plus devenu une simple question de confort pour moi, mais une question de nécessité.

Avec la montée de l’extrême droite au pouvoir partout dans le monde, et notamment en France, on sait que l’accès à l’IVG, et même à la contraception, pourraient être remis en cause en un claquement de doigts.

Je veux donc être certaine de ne plus jamais être en capacité de tomber enceinte dans une société où les femmes n’auraient potentiellement plus ce droit fondamental à disposer de leur corps. On est d’accord, c’est grave d’en arriver à penser ça mais c’est la réalité dans laquelle on vit.

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Se faire ligaturer les trompes à la trentaine, sans enfants et avec deux maladies chroniques, un parcours du combattant ?

Fin 2023, je me sentais d’attaque pour entamer les démarches de la ligature des trompes.

Je savais qu’il était très difficile en France de trouver un.e gynéco qui accepte de stériliser des personnes sans enfants, qui plus est d’une trentaine d’années. Pour ne pas me confronter à des professionnel.les malveillant.es, j’ai donc décidé de me renseigner avant de prendre un rendez-vous.

C’est le groupe Facebook Stérilisation Volontaire qui m’a redonné de l’espoir. Il existe de plus en plus de gynéco qui font des ligatures à des personnes nullipares (qui n’ont jamais accouché) et/ou nulligestes (qui n’ont jamais connu de grossesse). Pas des milles et des cents, évidemment, mais suffisamment pour que je fasse partie des heureuses opérées.

Malheureusement, quelque chose ou plutôt deux quelque chose que je n’avais pas prévu est venu tout remettre en question.

Maladies chroniques et opération chirurgicale ne font pas bon ménage

Premier obstacle : l’endométriose

Peu de temps après le début de mes démarches, j’apprends que j’ai de l’endométriose (je suis ravie).

Je décide de consulter une gynécologue près de chez moi pour parler de cette pathologie tout en prévoyant de glisser un mot sur la ligature. Malheureusement, je déchante très vite. Le rendez-vous est assez expéditif et la gynéco ne voit pas l’intérêt d’une stérilisation définitive puisqu’elle est convaincue que je vais reprendre une contraception hormonale (les hormones étant le seul traitement médical contre l’endométriose). Bref, je repars avec une ordonnance pour un stérilet hormonal que je n’ai pas demandé et des larmes plein les yeux.

Une fois remise de mes émotions, je décide de ne pas me laisser abattre et de trouver une autre gynéco.

Mon objectif reste le même : enlever mon DIU au cuivre, avoir une contraception définitive pour retrouver un cycle naturel sans risquer de tomber enceinte et voir si les symptômes de l’endo s’atténuent sans l’aide des hormones.

Deuxième obstacle : la maladie de Crohn

Cette fois, c’est la maladie de Crohn, dont je suis atteinte depuis 2012, qui ne passe pas. La nouvelle gynécologue que je consulte en juin 2024 me fait bien comprendre que passer par la chirurgie est dans mon cas plus risqué que mettre un stérilet hormonal.

Néanmoins, elle me signe le formulaire de consentement me permettant de commencer les 4 mois de délai de réflexion obligatoire en attendant que mon dossier passe en commission, mais uniquement pour une stérilisation par clips, théoriquement réversible (je pense qu’en plus de mes problèmes de santé, elle me trouvait trop jeune pour que je me fasse couic-couic les trompes).

Je dois avouer que ses arguments sont convaincants et suffisent à me mettre le doute. Heureusement, ce doute se dissipe très rapidement grâce à mon gastro-entérologue qui m’assure que je peux subir la ligature en toute sécurité, à condition que mes résultats biologiques soient favorables au moment de l’opération. Bon, pas de bol mais il s’est avéré que mes résultats n’étaient justement pas terribles.

En 2026, tout rentre dans l’ordre et j’ai même un argument de taille en faveur de la stérilisation : je ne peux plus prendre de contraceptif hormonal car c’est contre-indiqué avec mon nouveau traitement pour Crohn, donc il n’y a plus aucune raison pour qu’on me refuse de passer sur le billard. C’est gagné ! Ma gynéco accepte la stérilisation !

Le risque concret d’une ligature quand on a une maladie inflammatoire

La maladie de Crohn et l’endométriose sont deux pathologies qui créent des inflammations, inflammations qui provoquent des lésions. L’organisme est donc continuellement en train de tenter de réparer ces lésions, mais les tissus qui se reconstruisent (tissus cicatriciels) sont malheureusement fibreux (riches en collagène et en fibrine). Pourquoi c’est pas bien ? Parce que les tissus fibreux ont la fâcheuse habitude de se coller aux muscles ou encore aux organes (on appelle ça des adhérences).

Avec ce genre de maladies, il y a donc des chances que les trompes de Fallope soient collées au côlon, au rectum, à l’intestin grêle ou encore à la vessie.

Dans le cas d’une opération comme la ligature, le risque principal est de perforer un organe puisque la gynéco doit insérer une aiguille et des tubes fins dans le ventre. Et malheureusement, même si l’IRM ne montre pas d’adhérences, on peut avoir des mauvaises surprises au moment de l’opération.

Je vous rassure, le risque global de perforation lors d’une ligature des trompes par cœlioscopie est très faible (entre 0,1% et 1% pour les personnes en bonne santé et entre 1% et 3% pour les personnes ayant une maladie inflammatoire en fonction de la sévérité des lésions) et les équipes chirurgicales maîtrisent bien le sujet !

S’il y a trop d’adhérences, soit la gynéco décide de ne rien toucher, soit elle peut poser des clips sur les trompes (moins invasif) au lieu de les couper et de risquer une déchirure. Je vous conseille d’en discuter avant de vous faire opérer pour que vous vous mettiez d’accord sur « qu’est-ce qu’on fait en cas d’adhérences ? ».

Ma ligature, étape par étape

Le 11 septembre 2026, c’est le jour où j’ai été stérilisée définitivement. Je vous explique un peu ce qui se passe avant, mais surtout ce qui se passe pendant et après (bref ce qu’on ne nous dit pas assez).

La première consultation

Pendant ce rendez-vous, on doit expliquer pourquoi on veut se faire stériliser et on passe en revue tous nos antécédents médicaux, nos antécédents familiaux, notre parcours contraceptif, etc. De son côté, la gynéco nous explique la procédure (enfin les procédures possibles) et nous informe des risques.

Si à l’issu de la consultation, elle est ok pour opérer, elle nous donne un formulaire de consentement. On a alors 4 mois de réflexion obligatoire. Après ces 4 mois, on peut enclencher les démarches pour l’opération quand on le souhaite.

La deuxième consultation

Il a fallu que j’attende que mon Crohn soit stable pour remettre le sujet sur le tapis avec ma gynéco. En 2026, j’ai donc eu ma deuxième consultation qui a servi à refaire le point sur la procédure et à choisir une date d’opération (on ne choisit pas l’heure de l’entrée à la clinique/l’hôpital, c’est l’établissement qui vous dit, 48h avant, à quelle heure vous devez vous présenter). C’est à ce moment-là qu’on date et signe le formulaire de consentement.

Cette fois, ma gynéco a bien compris que mon non-désir d’enfant n’était pas passager et ayant pris 2 années de plus (apparemment ça compte) elle a décidé de donner son feu vert pour une salpingectomie bilatérale (bon ok, mon IRM a joué également car elle ne montrait pas d’adhérences visibles). Youpiiii !

Comme le risque de perforation est quand même un peu plus important quand on a une maladie inflammatoire (et moi je cumule Crohn + endométriose), ma consigne était très claire : on ouvre, si c’est bon, on fait l’ablation totale, si c’est pas top on met des clips, on enlève mon stérilet au cuivre au passage, si c’est trop risqué, on ne touche à rien.

La préparation de l’opération

Lors de la deuxième consultation, la gynéco m’a remis un dossier (passeport santé) qui permet d’avoir tout au même endroit : le formulaire de consentement signé, les ordonnances, le rendez-vous avec l’anesthésiste, le rendez-vous post-opératoire, les autres documents à remplir et surtout tout le parcours médical pour savoir quoi faire et dans quel ordre.

Mon conseil : prenez bien le temps de tout lire, de bien tout remplir et de vérifier que vous avez bien tous les documents.

Les papiers à remplir

  • Questionnaire d’anesthésie : il sert à anticiper l’opération en fonction de votre santé et de vos antécédents médicaux (à compléter et signer).
  • Consentement éclairé pour l’anesthésie (à compléter et signer).
  • Désignation de la personne de confiance : cette personne sera votre porte-parole auprès des médecins si vous n’êtes plus en mesure de vous exprimer (à compléter et signer par vous et la personne désignée).
  • Directives anticipées : c’est un document écrit pour exprimer vos volontés (soins en cas de fin de vie) si vous n’êtes plus en mesure de les signifier de vive voix. Ça peut être le refus d’être intubé, réanimé, placé sous respirateur, etc. (à rédiger, dater et signer). Il existe un modèle officiel des directives anticipées que vous pouvez remplir et donner à votre médecin traitant, votre personne de confiance ou que vous pouvez ajouter sur www.monespacesante.fr.
  • Choix de chambre : c’est un formulaire qui vous permet d’indiquer si vous voulez une chambre particulière ou non même si rien n’est jamais garanti (à compléter). Attention à la prise en charge de votre chambre particulière (vérifiez bien avec votre mutuelle avant).

La stérilisation définitive se fait la plupart du temps en ambulatoire (vous êtes hospitalisé·e moins de 24h). Vous devez obligatoirement avoir quelqu’un qui vous raccompagne après l’opération (si vous n’avez personne, vous pouvez demander un bon de transport pour un taxi) et quelqu’un qui reste avec vous la première nuit (si vous n’avez personne, vous dormirez à la clinique/l’hôpital).

La consultation d’anesthésie

Ce rendez-vous a lieu à peu près 1 mois avant l’intervention et doit être fait quoi qu’il arrive minimum 48 heures avant. La consultation est très rapide puisque vous refaites simplement le point sur votre santé, sur le questionnaire que vous avez rempli et sur la procédure (anesthésie générale).

Vous devez également apporter tous vos résultats d’examens biologiques, cardiologiques et ceux liés à votre maladie si vous en avez une ainsi que les ordonnances des traitements que vous prenez. Je vous conseille de faire votre analyse de sang 7 à 15 jours avant le rendez-vous pour l’apporter directement et d’avoir vos compte-rendu médicaux sous la main.

La préadmission

Elle se fait après la consultation avec l’anesthésiste si vous n’avez pas d’examens complémentaires à faire. Vous devez ramener tous les documents que j’ai listés précédemment ainsi que votre carte d’identité, carte vitale et mutuelle.

Les consignes préopératoires

Voici tout ce que j’ai eu à faire avant mon hospitalisation :

  • 7 jours avant : arrêt de mon traitement pour Crohn.
  • 5 jours avant : dépilation à la crème dépilatoire ou à la cire sur la zone entre le nombril et le haut du pubis (ou tonte le jour J).
  • La veille au soir : douche complète (corps, visage et cheveux) avec mon savon habituel, séchage avec une serviette propre, port de vêtements propres (j’avais aussi changé mon linge de lit pour dormir dans des draps propres). Arrêt de l’alimentation et des boissons (sauf l’eau) 6h avant l’opération.
  • Le jour J : douche complète (corps, visage et cheveux) avec mon savon habituel, séchage avec une serviette propre, port de vêtements propres. Arrêt de l’eau 2h avant la convocation à la clinique. Il est également interdit de fumer.

Le jour de l’opération

Avant l’entrée au bloc

Je suis arrivée à la clinique à 8h30 (ma convocation était à 8h45). Après être passée au bureau pour donner de nouveau ma carte vitale et mon dossier, j’ai attendu en salle d’attente qu’on vienne me chercher. La gynéco m’avait dit que j’étais la deuxième sur la liste donc que je devais passer vers 9h30. Naïve que je suis, je me suis dit qu’à 13h, je serais chez moi (tellement pas).

Vers 9h30, on m’a emmené dans une cabine pour me changer. On doit tout enlever (vêtements et bijoux) et mettre une blouse (pantalon + tunique + culotte boxer + chaussons + surchaussons). J’ai mis mes affaires et mon téléphone dans un casier fermé à clé, que j’ai remise à l’infirmière. Puis, je suis allée attendre dans ce qu’on appelle un « salon » jusqu’à ce qu’une autre infirmière m’emmène dans une pièce pour vérifier ma température, checker que j’étais bien à jeun, que je n’avais pas d’implants, pas de bijoux, etc. J’ai ensuite attendu directement devant la porte du bloc.

Finalement, il y a eu du retard (il y en a toujours). On est venu me chercher pour le bloc vers 11h30 donc environ 3h après mon arrivée à la clinique.

Au bloc

Je m’installe sur la table opératoire sur le dos. On me met tout de suite une couverture, C’est un peu impressionnant car il y a plein de machines, d’ustensiles et toute une équipe qui s’affaire autour de nous, mais généralement les équipes au bloc savent nous mettre à l’aise et il y en a toujours un ou une pour faire quelques traits d’humour.

Au bloc, il fait très froid donc n’hésitez pas à demander à ce qu’on vous mette le chauffage. On vous fait glisser un gros tuyau sous la couverture pour vous envoyer de la chaleur avant de vous endormir.

Comment ça se passe concrètement ?

  • On me place des électrodes sur le thorax.
  • On me met un brassard pour la tension sur un bras et un capteur de taux d’oxygène sur le doigt.
  • Sur l’autre bras, on me met un cathéter pour la perfusion.
  • On me place un masque à oxygène dans lequel il faut faire des respirations profondes (le maque permet de protéger les organes pendant que l’équipe médicale met en place l’assistance respiratoire).
  • On m’injecte le produit anesthésiant.

J’ai l’habitude des anesthésies générales donc je ne suis pas du tout en panique. En quelques secondes je commence à voir trouble, à ne plus comprendre ce qui se passe autour de moi et hop, me voilà dans les vapes. C’est parti pour un gros dodo !

La salpingectomie bilatérale consiste à sectionner les deux trompes de Fallope et à les retirer (ablation totale du pavillon jusqu’à l’isthme). Pour ce faire, la gynéco fait une cœlioscopie, c’est-à-dire une incision dans le nombril (la plus grande), une au dessus du pubis et une autre toute petite sur le flanc. Dans ces incisions, on place des trocarts (tubes). On y vient d’abord insuffler du gaz carbonique afin de faire gonfler l’abdomen, ça permet de bien voir les organes. Les trocarts servent ensuite à passer une caméra et à y glisser les instruments pour faire l’ablation. C’est aussi par là que passeront les trompes qui auront été retirées (elles sont souples et très fines, 10 à 12cm de longueur et de 1mm de diamètre d’un côté à 1cm de l’autre côté).

Le réveil

Il devait être aux alentours de 13h30 quand j’ai ouvert un œil en salle de réveil. La salle est assez grande, il y a une dizaine de patient·es. Après une anesthésie, on ne se réveille pas d’un coup, on ouvre un peu les yeux, on les referme, et on fait ça plusieurs fois de suite jusqu’à ce qu’on arrive à émerger réellement.

Je me souviens que j’avais la bouche et la gorge sèche, quelques contractions utérines, assez froid, la nausée et que je sentais quelques tiraillements au niveau des points (yep les choses moins cool commencent).

Dès que j’ai été en mesure de parler j’ai demandé un calmant (via la perfusion car on ne peut pas boire tout de suite) puis une couverture. Le calmant a fait assez vite effet, les contractions étaient moins intenses et je n’avais quasi plus de nausées. Les points tiraient encore un peu, alors il faut essayer au max de ne pas contracter son ventre pour avoir moins mal.

Une fois mieux réveillée, j’avais une légère sensation de ballonnements et de pesanteur sur l’utérus, avec une petite envie de faire pipi. Je ne le savais pas, mais pendant l’opération on a une sonde urinaire, ça veut dire qu’on a peu de risques de se faire dessus au réveil, donc j’ai choisi d’attendre d’être dans une chambre pour aller aux toilettes.

Le retour en chambre

J’ai eu la chance d’avoir une chambre particulière de disponible vers 14h30. Dès que j’ai été en mesure de me mettre debout, je suis allée direct faire pipi (d’ailleurs on nous demande de faire pipi avant de partir).

J’ai commencé à ressentir quelques douleurs au niveau de l’épaule droite, qui sont dues au gaz qu’on injecte pendant l’opération. Mais tout était largement supportable grâce au calmant et en étant allongée. J’ai compris aussi un peu plus tard que ce qui me faisait mal dans la bouche était en fait des aphtes, sûrement dû à l’intubation (mais je n’ai pas pensé à demander). Ce qui m’a le plus surprise c’est la fatigue. D’habitude, après une anesthésie générale (pour une coloscopie), je pète le feu. Là, pas du tout. J’avais encore du mal à me réveiller à 100% et surtout je voyais trouble.

J’ai pu boire un peu d’eau vers 15h45, puis manger vers 16h15 (pain, biscuits, jus, compote, madeleine) mais j’avais plus envie de dormir que de manger. Finalement, je ne suis sortie que vers 18h (j’ai donc passé quasi 10 heures à la clinique).

Mon conseil : demandez avant l’opération si la sortie se fait quelques heures après l’opération ou seulement quand la gynéco a fini d’opérer toustes ses patient·es, ça vous évitera de faire poireauter pour rien votre accompagnant·e (encore sorry mon chéri).

chambre-hopital-ligature-des-trompes

Les premières heures après l’opération

Je me sentais toujours un peu patraque et dans les vapes en sortant (nausée légère, pas envie de manger, vue trouble). Assise ou debout, j’ai commencé à ressentir de plus en plus de douleurs au niveau d’une épaule et d’un bras. Allongée, je me sentais mieux et vu ma fatigue, j’ai décidé de me coucher direct.

J’ai ensuite pris un doliprane vers 2h du matin pour anticiper les douleurs. J’arrivais à me lever sans que ça tourne trop, mais dès que je me relevais la douleur revenait au niveau des épaules. Puis elle s’est propagé au thorax, aux côtes, aux cervicales. C’est difficile de décrire cette douleur, on a l’impression que tout s’étire à l’intérieur, mais puissance 10.

Les suites de la stérilisation : douleurs, cicatrices et reprise d’activités

Pour une fois je n’ai pas attendu d’avoir mal pour prendre un calmant, j’ai pris du paracétamol toutes les 6-8 heures et il n’y a qu’une seule fois où j’ai pris un médoc un peu plus fort pour soulager les douleurs.

Le lendemain de l’opération

Je me sentais déjà moins nauséeuse, et j’ai pu aller à la selle sans problème. Les douleurs (épaule et cage thoracique) à cause du gaz carbonique étaient toujours présentes dès que je me levais ou que je m’asseyais. L’incision au niveau du nombril me faisait assez mal aussi, même en étant allongée.

En fait, dès que je devais engager mes abdos, j’avais mal, donc tousser était compliqué et rire était un calvaire (j’ai eu un fou rire qui a carrément fini en crise d’angoisse). Pour atténuer la douleur, j’essayais de gonfler et de bien relâcher mon ventre (sans contracter) et de marcher le plus possible car ça aide à dissoudre le gaz plus rapidement. Sauf que debout, je n’arrivais pas à me tenir droite, j’étais super voûtée, ce qui me faisait mal dans le dos (la tuile).

Moi qui dors habituellement sur le ventre, là c’était hors de question à cause des points. Je ne pouvais dormir que sur le dos, car me mettre sur le côté me faisait mal à l’épaule. Bizarrement, tourner simplement la tête vers cette épaule me soulageait un peu.

Je n’ai pas pu me laver ce jour-là mais la douche est autorisée, il ne faut juste pas frotter sur les pansements (logique).

ligature-des-trompes-cicatrices-1-jours-post-op
J+1

À J+2

Toujours un peu de nausées, toujours un peu de douleurs vers les épaules et le thorax, mais largement moins qu’à J+1. Là où j’avais de plus en plus mal, c’était au nombril car un hématome s’était formé juste dessous. J’arrivais à tenir un peu plus longtemps debout, et j’ai même pu me doucher normalement, première victoire ! En revanche les ballonnements sont revenus en force puisque je m’alimentais de nouveau et je rotais aussi pas mal (ne soyez pas surpris·e si ça vous arrive, il paraît que c’est normal après cette opération).

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J+2

Quid des points et des pansements ? J’ai eu des pansements en spray (film transparent) et des fils résorbables, je n’avais donc absolument rien à faire. Pas besoin de nettoyer et de changer les pansements tous les jours, ils sont waterproof et se décollent tout seuls petit à petit.

À J+3

Toujours un peu mal au niveau des incisions (surtout dans l’ombilic), quelques grosses douleurs passagères au niveau du bras. On ne dirait pas dit comme ça, mais ça allait déjà beaucoup mieux. Je tenais plus longtemps debout, j’étais de moins en moins voûtée. Par contre, trop longtemps assise, mon dos me faisait mal. J’ai pu diminuer la dose de doliprane et surtout, j’ai enfin pu reprendre mon traitement pour Crohn.

Entre J+4 et J+7

Un seul et dernier doliprane le quatrième jour et je me tenais enfin droite ! Ça tirait encore de temps en temps vers le nombril et les pansements commençaient déjà à se décoller (c’est sans douleur). Je ressentais encore de la fatigue mais je pouvais enfin revivre normalement (de toute façon, je suis abonnée à la fatigue chronique avec la maladie).

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J+10

3 semaines après la stérilisation

Les points au niveau du nombril recommençaient à tirer un peu plus à cause des fils pas totalement résorbés sous le pansement qui se décollait de plus en plus. L’incision au dessus du pubis ne me faisait pas mal, mais je sentais qu’il y avait encore un petit bout de fil aussi car il y avait une petite rougeur. Quant à l’incision sur le flanc gauche, elle, elle était déjà refermée donc j’ai pu commencer les massages à l’huile végétale.

Comme on se dit tout ici, sachez que je suis remontée en selle (premier rapport sexuel 3 semaines après l’opération) et que tout s’est bien passé. La ligature ne change absolument rien.

Mon rendez-vous post-op (1 mois après l’opération)

La gynéco m’a enlevé les fils restants à la pince à épiler, pas hyper agréable mais rien de bien méchant (c’est important de ne pas les laisser car s’ils ne se résorbent pas, ils peuvent créer une infection). Elle a aussi enlevé très facilement le reste de pansement au niveau du nombril.

Tout était nickel, j’ai donc eu son feu vert pour reprendre le sport et me baigner. Elle m’a juste préconisé de mettre de la crème solaire en cas d’exposition, même sous un maillot de bain 1 pièce.

Conseils de cicatrisation : massez quotidiennement avec délicatesse les incisions avec une huile végétale comme l’huile de calophylle ou l’huile de calendula, réputées pour leurs vertus cicatrisantes, en alternant des mouvements circulaires et des mouvements de palper-rouler pour assouplir la peau et éviter les adhérences qui peuvent provoquer de l’inconfort et jouer sur l’esthétisme de la cicatrice (aspect creusé ou boursouflé).

Mes règles depuis la ligature

Mes règles sont arrivées une semaine après l’opération et je n’ai rien noté de particulier, à part un peu de spotting. Mon deuxième cycle a été beaucoup plus différent car j’ai eu moins de douleurs et surtout mes règles n’ont duré que 4 jours contre 6 en moyenne avec le DIU au cuivre. Je retrouve mon cycle naturel plus vite que je ne l’aurais imaginé et je ne vais pas m’en plaindre !

Je le répète, mais ces changements ne sont dus qu’au retrait de mon stérilet au cuivre pendant l’opération et non à l’opération elle-même. Seule l’endométriose pourrait maintenant avoir un impact sur mon cycle menstruel.

FAQ

La salpingectomie bilatérale est une ablation totale des deux trompes, la salpingectomie partielle consiste à retirer une partie des trompes seulement, la ligature par clips (ou anneaux) permet d'obstruer mécaniquement les trompes en les pinçant et l'électrocoagulation vise à détruire une partie de la paroi interne des trompes en la brûlant.

Selon la loi n° 2001-588 du 4 juillet 2001, vous devez simplement être majeur·e et respecter le délai de réflexion obligatoire de 4 mois pour vous faire stériliser (il n'y aucune condition de nombre d'enfants ou de statut matrimonial).

Non. Il peut y avoir une Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP) en cas de problèmes de santé nécessitant une analyse approfondie ou lorsque la personne demandant la stérilisation est sous tutelle ou curatelle.

À partir de la première consultation, vous avez 4 mois de réflexion obligatoire avant de pouvoir signer le formulaire de consentement.

Non. Une fois les 4 mois passés, on peut confirmer sa volonté à l'écrit tout de suite après ou des années après.

En France, la ligature est prise en charge à 100% par l'Assurance Maladie dans le secteur public. Si vous souhaitez vous faire opérer dans un établissement privé, demandez un devis et renseignez-vous auprès de votre mutuelle pour savoir si les dépassements d'honoraires sont pris en charge.

Vous uniquement. Vous devez pouvoir consentir pleinement à la ligature (ne pas être contraint·e). Votre gynécologue ne peut entraver votre droit à la stérilisation, sauf s'iel estime que ça représente un danger immédiat pour votre vie (en cas de problèmes de santé par exemple). Iel peut aussi simplement refuser de pratiquer l'intervention pour des raisons personnelles (clause de conscience). Dans ce cas, iel a l'obligation de vous le dire et de vous orienter vers un·e autre gynéco ou un centre hospitalier dès la première consultation.

On ne peut pas nier la fait que cette opération génère des douleurs, mais la plupart du temps, du paracétamol suffit à les soulager. Elles peuvent être assez intenses dans les premières 24h puis plus modérées pendant 7 à 15 jours. Les douleurs se situent principalement au niveau de l'abdomen (sutures et ballonnements) et des côtes et des épaules (à cause du gaz carbonique).

Normalement non. La ligature des trompes est fiable à environ plus de 99%. Vous avez moins de risque avec une ablation totale qu'avec une ligature classique (par pose de clips, anneaux, ou cautérisation). Si vous changez d'avis, il est possible de passer par une FIV ou de faire une reconstruction des trompes (sauf en cas d'ablation) mais il n'y a aucune garantie que ça fonctionne.

Oui, la stérilisation ne change rien au cycle menstruel, elle modifie simplement la fertilité.

Généralement entre 2 et 4 semaines après l'opération, selon votre ressenti, mais je vous conseille de suivre le délai donné par votre gynéco dans les consignes post-opératoires. Attention, la stérilisation ne protège pas contre les IST.

Vous ne pouvez pas prendre de bain avant 1 semaine et vous ne pouvez ni vous baigner ni faire de sport intense jusqu'à la visite de contrôle. Selon le traitement, vous ne pourrez peut-être pas conduire.

Normalement non. S'il y a un retard, il faut appeler son/sa gynéco et prévoir une prise de sang pour s'assurer qu'il n'y a pas de grossesse en cours.

Au lieu de disparaître dans les trompes, l'ovule disparaît dans la cavité abdominale. Il stagne dans l'abdomen puis commence à se décomposer en tout petits morceaux (il ne survit pas plus de 24 heures). Ces morceaux sont ensuite avalés par les cellules nettoyeuses de notre corps (cellules macrophages) qui vont à leur tour décomposer ces morceaux en d'autres morceaux encore plus petits. Leur but est de ne garder que les bons nutriments microscopiques de l'ovule pour les remettre en circulation dans notre sang, ce qui permet de nourrir d'autres parties de notre organisme. Les morceaux "pas bons", eux, attendront sagement d'être éliminés via les urines et les selles.

Selon plus études scientifiques, la ligature classique protège assez bien contre certains cancers rares de l'ovaire mais c'est la salpingectomie bilatérale qui permet de réduire drastiquement le risque de cancer ovarien le plus fréquent et le plus agressif.


Sources

  • Fiche officielle d’information du CNGOF (Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français)
  • Recommandations de bonnes pratiques spécifiques à la prise en charge de l’endométriose, Haute Autorité de Santé (06 décembre 2018)
  • Recommandations de bonnes pratiques spécifiques à la stérilisation à visée contraceptive, Haute Autorité de Santé (17 septembre 2019)
  • Livret sur la stérilisation à visée contraceptive, santé.gouv.fr
  • Site web de l’association afa Crohn RCH France
  • Marieb, E., Keller, S. (2020). Biologie humaine, principe d’anatomie de physiologie (12e éd., chap. 12 et 16). Pearson / ERPI
  • Directives cliniques de l’American College of Obstretricians & Gynecologists (2026). ACOG Clinical Practice Update : Salpingectomy for the Prevention of Epithelial Ovarian Cancer, Obstetrics & Gynecology, 148(4), e275-e280.

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